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Psychopathologie

Psychopathologie :La construction du sujet

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Le sujet est indifférencié du Moi, de la surface imaginaire avec laquelle nous nous représentons ce que nous sommes. Le Moi se compose d’une série d’identifications, de traits que l’on va prendre chez l’autre pour construire une personnalité qui nous donnera une consistance et avec laquelle on se fait représenté en face des autres. Le Moi est la surface de l’individu en contacte avec la réalité. Le Moi est dépendant su principe de réalité. Le sujet, au sens sujet de l’inconscient, n’est pas le Moi. C’est pour cela que l’on peut faire des lapsus : quelqu’un d’autre que mon Moi parle. Ce clivage de la personnalité amène la psychanalyse « le Moi n’est pas maître en sa demeure » (Freud).
Si l’on était maître de la pensée, pas de raison de faire des lapsus, autre chose s’exprime : le sujet.  
Freud représente le psychisme comme un sac : ça = réservoir pulsionnel prenant ses racines dans le corps, le Moi est la transformation du ça au contacte de la réalité (surface la plus extérieure du sac). Le Ca est inconscient, le Moi plonge ses racines dans l’inconscient.


Exemple : la pulsion orale, elle nous sert à supporter nos goûts alimentaires, elle est transformer par la culture dans laquelle on vit. Nos goût conscients, je n’aime pas les sauterelles grillées mais j’aime les grenouille, est effet de la culture française. Par identification on apprend à aimer les aliments : effet de surface. C’est avec cette personnalité la plus extérieur que l’on entre en contacte avec le monde. On rencontre quelqu’un, on rencontre son Moi.

Le Moi est quelque chose qui se construit au fur et à mesure de la vie. Petit à petit on prend des évènements du monde extérieurs qui construisent notre personnalité : va de nos tendance vestimentaires aux mots utilisés. Tout cela constitue notre personnalité extérieure. Tout cela se développe jusqu’à l’âge adulte.
De la même façon que le Moi se construit, le sujet se construit. Le sujet n’est pas donné au départ. Le nouveau né qui vient de naître, ce qu’il est en tant que sujet, quels sont ses désirs, on ne peut rien en savoir voir ses désirs n’existe pas encore. Un nouveau né quand il naît à un certains nombre de réflexes : succion, pédalage. Permettent une mise en relation. Le réflexe de succion permet la construction du Moi autour du goût alimentaire, le lait maternel qui a un certain goût. Naissance de l’autosatisfaction.
Au départ il y a des réflexe mais on ne peut pas donner à ses réflexe une intentionnalité. Au départ dans le réflexe il n’y a pas de sujet qui désirerait et qui voudrait quelque chose. Ce désir se constitue à partir des toutes premières relations : entre ce qu’on suppose un X (sujet) et le monde extérieure, symbolisé par la fonction « mère ». La mère satisfaisant le bébé il y a une première inter-relation qui se créée autour de la satisfaction. Dès cette première satisfaction créée le sujet va vouloir la retrouver. Là on peut commencer à parler d’intentionnalité, d’un sujet qui voudrait quelque chose. C’est le temps 0, le temps créateur, celui de la première satisfaction. Temps créateur d’une première représentation. Quelque chose de bien que j’ai envie de reproduire dans ma psyché : cela me fait une première représentation psychique que je vais essayer de retrouver dans la réalité.
Première trace du sujet : ça m’a fait du bien.
Temps 2 : je vais retrouver cette trace dans la réalité.
Au temps 1 il y a un sujet qui va chercher dans le monde la satisfaction. Le chemin ne se fait pas directement mais par l’intermédiaire de la satisfaction, l’autre amène la satisfaction.
Cet objet qui procurerait la satisfaction la psychanalyse lui donne le nom de phallus, point théorique de base.
L’objet de satisfaction est le phallus.

T0     X -> M

T1     S -> satisfaction -> Mère     ou     S -> Phallus -> Mère  (en forme de triangle)

Exemple de Françoise Dolto : pendant la guerre, une maman accouche, puis l'enfant se fait séparer de la mère. Le bébé refuse de manger, Dolto dit envelopper le bébé d’une chemise de la mère, le bébé se remet à manger : le phallus est ici l’odeur de la mère. Il ne peut manger qu’en sa présence.
Cette relation dite « fusionnelle » (enfant/mère) fonctionne déjà selon un modèle de triangulation, il lui faut quelque chose de plus pour que cela fonctionne. Il lui faut 1. un objet, 2. un autre, 3. un objet. Toutes les relations duelles sont faites d’une objet d’échange. Il y a nécessité d’un troisième terme que l’on échange. Ces termes peuvent être symbolique : l’amour, un film, un baiser, un repas. Il y a toujours dans toutes relations à deux un troisième terme qui intervient. Quelque chose s’échange en plus des deux présences sinon il n’y a pas de relation. Parce qu’il y a ce troisième objet il y a ouverture. Il peut devenir très interchangeable. Quelque chose se constitue des relations.

Exemple clinique, sujets qui ne fonctionnent pas dans la relation à l’autre, en lien directe avec l’objet : les autismes. Ils sont tellement dans la dualité que l’autre est exclus. Quand ils se balancent vers un objet stimulation, il n’y a plus d’autre. Autre exemple de fusion entre le sujet et l’autre, sans objet intermédiaire, la passion amoureuse. C’est l’exemple d’une fusion entre deux personnes qui fait que ces deux personnes là n’existent plus. Le but de toute passion amoureuse ne peut être que la mort des deux. La meilleure façon de survivre à la relation c’est la rupture de cette relation.
On a deux personnages : un sujet et l’autre + un objet. C’est ce qu’on appelle selon Winnicott, la préoccupation maternelle primaire. C’est selon lui un état transitoire mais psychotique. Une relation comme cela est elle vivable ? Non. Cette relation va arriver à rater. Elle rate automatiquement. Parce que la mère ne trouve pas vraiment l’objet de satisfaction pour l’enfant, c’est même une nécessité qu’elle ne le trouve pas. Par exemple, l’enfant appelle et elle est préoccupé par le travail, elle ne répond pas correctement, il y a un ratage de cette satisfaction. Dans ce ratage se produit quelque chose de très important du coté du sujet (pas du coté de la mère), c’est une question fondamentale : pourquoi l’autre ne me procure pas la satisfaction ? Qu’es ce qu’il veut cet autre ? Dans cette relation sujet/objet/mère, la mère s’absente. Dans les ratages, l’autre n’est pas capable de donner l’objet. Il n’y a rien à la place de la mère, comme si elle s’était déplacée ailleurs. Pourquoi ne s’occupe t-elle pas de moi ? Pourquoi l’autre n’est pas là ? Dans les relations amoureuse, pourquoi n’est il pas là ? Pourquoi s’absente il ? Question qui reste forte présente tout au long de la vie. Cette question vient constituer la question sur le désir de l’autre. Quel est le désir de l’autre ? Qu’es ce qu’il veut ?

S -> O -> ?  (M = désir de l’autre)

Si l’autre s’absente, je suis en danger de mort, en danger d’inexistence. Le nouveau né sans la mère meurt. L’individu essaye de se conformer au désir de l’autre. Si je fais ce que l’autre veut, l’autre me satisfera. L’être humain est dépendant du désir de l’autre. Question se pose dans tous les domaines. A l’examen, que me veut l’autre ? Que me veut le prof ? Que me veut le patron lors d’une embauche ? La question du désir de l’autre parcours toute la vie d’être humain. Que nous veut Dieu à nous imposer toutes ces souffrances ? Histoire de Job dans la Bible. Cette question reste fondamentale pour axer le désir du sujet. Si l’autre veut ceci, alors je m’y soumet, alors je m’inscris dans le désir de l’autre. "Le désir du sujet c’est le désir de l’autre que j’ai pris en moi pour y répondre" (Lacan). Le sujet quand il créé son désir est réellement dépendant de l’autre. Il y a un autre dominant, maître de la situation, et un qui est soumis dans cette situation. Dans la relation amoureuse, toute la question de la durabilité du couple : je suis soumis au désir de l’autre, tout en gardant ma part de désir que je peux investir ailleurs. Plus je me soumet au désir de l’autre en constituant mon couple, plus mon couple est en danger car je suis alors soumis à l’autre. Question de l’être humain qui est soumis aux différentes figures de l’autre auquel il est soumis : la mère, l’école, le quant-dira-t-on. Ce n’est pas dans une réciprocité en miroir. Un des malheurs de l’être humain : quand on dit, je désir ceci, on est soumis à un grand autre.


Exemple : je veux devenir médecin. Dans le cadre d’une analyse, le désir d’être médecin est le désir de papa qui voulait être médecin mais qui n’a pas pu le faire, il y a toujours des motivations dans nos choix qui viennent de choses extérieures devenues quelque chose de nous même. L’assesseur social marche si les parents pensent « tu fera mieux que moi ». Dans le cas contraire l’enfant échoue car inconsciemment le parent dit « tu ne peux pas réussir parce que moi-même je n’ai pas réussis ». Notre propre désir, y comprit le plus intime de ce que l’on est, est quelque chose de modelé par le désir de l’autre qui s’est imposé à nous lorsqu’on était enfant, ou par les désirs sociaux. C’est l’aliénation du sujet dans le désir de l’autre. Tout travail de maturation est un travail de séparation.
Cette opération d’aliénation et de séparation peut se représenter facilement : peinture du XIV ème siècle, quelle est la figure centrale ? Celle de la fusion de la vierge à l’enfant. Vierge droite, posée, ou plus érotique. Toute une représentation de la fusion mère/enfant. La fusion peut se représenter ainsi : l’enfant, la mère et entre les deux le sein. Dans un premier temps l’enfant pense que le sein lui appartient. Alors que la réalité en est autrement : c’est la mère qui le possède. Aliénation : l’objet dont j’ai besoin appartient à l’autre (le sein est à la mère). Exemple des témoignages d’affection, j’en ais besoin mais c’est à l’autre qu’il appartient. Opération de séparation, je me représente comme m’appartenant à moi l’amour que l’autre me porte. C’est dans ce mouvement de balance entre les deux que fonctionne toute relation et tout rapport de mouvements de l’être humain. L’objet qui fait mien n’appartient ni à l’un, ni à l’autre mais s’échange. Tantôt c’est moi qui l’ait, tantôt c’est l’autre qui l’a. Il y a des opérations psychiques qui montrent qu’à un moment donné la relation passe par un objet qui tantôt sera à moi, tantôt à l’autre. Tantôt je suis aliéné parce que c’est toi qui aime, tantôt je suis séparé parce que c’est moi qui aime.

Qu’es ce qui se passe pour que la mère se détourne de moi ? Qu’es ce qui germe dans la tête de l’enfant à ce moment là ? Il y a quelqu’un d’autre, à un autre lieu, vers lequel se détourne le désir de la mère. La mère se détourne du sujet pour un autre lieu de désir : le père. Quelque part quelque chose vient rendre compte que la mère désir ailleurs et que le sujet enfant ne peut pas être satisfait tout le temps. Le père n’est pas forcément le mari de la mère, ce peut être le fait que maman va travailler et que l’enfant est à la crèche. C’est la fonction paternelle qui est en jeu, la fonction de séparation. On est dans un premier temps de constitution : il y a quelque chose d’autre que lui et son objet de satisfaction, il y a un rival.

T2    :      S -> Objet -> ? -> Mère, désir de l’autre -> Père, rivalité.

Il y a une autre fonction qui s’introduit : la fonction paternelle qui vient marquer la nécessité que tout ne soit pas satisfait. La fonction paternelle n’est pas le père de l’enfant, c’est le désir de la mère autre que l’enfant. Durant ce deuxième temps, l’enfant reste en plan. Que faire pour que la mère se tourne à nouveau vers moi ? Solution : s’identifier à cet objet. Idéalisation du Moi : je suis cet objet idéal que la mère désirerait. Création de l’idéal du Moi, le lieu d’où je peux être aimé. Si je suis à cette place là, je peux être aimé. On y met des représentations psychiques : voilà ce que je devrais être. Pour être aimer par ma mère alors que mon père n’a jamais pu être médecin, il faut que je ne sois pas médecin.

T2    Objet -> ? -> Mère (désir de l’autre)       L’idéal du Moi est lié à la Mère, le
|                      |                                       sujet est lié au ? ( = manque)
Sujet                   |
|                      |
Idéal du Moi -> Père         


Ces mécanismes sont inconscients. L’autre peut transmettre sans le savoir, un certains nombre de désirs. Ce « devoir être » est une identification : je prend à l’intérieur de moi des choses qui viennent de l’extérieur (=identification). L’idéal du Moi est quelque chose que créé le sujet par l’identification. Le sujet ne peut pas s’opposer à ce que lui-même créé. Il n’y a pas d’imposition volontaire de la part de l’autre. C’est une opération du sujet. C’est la construction du sujet, l’idéal du Moi lui appartient directement. Ce que le sujet détermine comme étant le désir de l’autre appartient aussi au sujet. S’il y a des déterminismes qui viennent de l’extérieur, ce que le sujet prend comme intérieur à lui, c’est le sujet qui le détermine. C’est une éthique de la responsabilité du sujet, pas une éthique de la soumission. Si un sujet est psychotique ou névrotique, ce n’est pas de la faute des parents, c’est le sujet qui l’a choisit. Ce n’est pas la faute de l’autre. Là où la psychanalyse a quelque chose de différent c’est qu’elle insiste sur le fait que c’est le choix de l’individu s’il lui arrive quelque chose.
La Mère est à entendre comme un environnement de l’enfant. L’enfant est satisfait par beaucoup d’autres choses que la mère en tant que tel. La mère c’est cette fonction maternelle qui donne satisfaction à l’enfant : le père, la nounou, la machine respiratoire pour le prématuré. Phantasme : façon dont on s’imagine qu’on va pouvoir être satisfait. La phallus est l’objet de satisfaction, il peut changer à tout moment.
Les deux choses importantes :
Cette fonction d’aliénation à l’autre
Dans cette dépendance à l’autre, se constitue une position de base : c’est comme ça que je serais aimé, cela explique toutes les répétitions de nos histoires affectives. C’est toujours de la même façon qu’on aime, c’est toujours de la même façon qu’on rate. D’où la nécessité de la prise de conscience.  

L’identification n’est pas forcément globale à la personne, elle peut se faire sur une partie de la personne. Exemple, un jeune homme au père alcoolique, qui touche sa fille, le fils s’identifie à son père comme étant « invincible », c’est le meilleur à la pêche à la ligne et il n’a jamais fait d’accident malgré son alcoolisme. Le fils s’identifie à la maîtrise de son père. Il ne supporte pas l’échec.  
L’identification n’est déterminée que par le sujet. C’est le sujet qui choisit à quoi il va s’identifier.

Pourquoi y a-t-il une figure paternelle qui vient satisfaire l’autre (dans l’idée de l’enfant) ? Qu’es ce qu’il aurait ce père d’être mieux que l’enfant ? Qu’es ce qu’il y a de plus ? Cet objet doit avoir un plus pour que l’enfant s’identifie à lui. Ce plus est aussi un phallus. Le père est pourvu du phallus : c’est lui qui l’a et non plus l’enfant. C’est l’opération de castration. Ce n’est pas moi qui l’ais, c’est l’autre, le père (la fonction de père, pas le père en tant que tel). C’est le lieu ou quelque part quelque chose sera plus satisfaisant que ce qu’a l’enfant.
On est dans une situation très précise : il y a maman, l’enfant, et le papa pourvu du phallus. C’est l’œdipe. C’est la structuration symbolique. C’est l’organisation du symbolique. L’œdipe c’est la question de savoir qui d’entre la mère, l’enfant ou le père aura l’usage du phallus. L’œdipe normalisé est celui où le père possède le phallus. L’œdipe devrait s’écrire de cette façon, père, mère et idéal du Moi (et non l’enfant). La castration c’est que l’enfant en tant que sujet se trouve dépossédé du phallus. L’enfant est privé du phallus que la mère donne au père. Attention le père et la mère ne sont pas le papa et la maman. Ce qui se constitue est un ordre symbolique et cet ordre symbolique est l’ordre œdipien.

Que devient l’enjeu de la satisfaction première ?

On inclus l’imaginaire. La façon dont on construit nos enjeux de satisfaction. La phallus dans le schéma est remplacé par le phallus imaginaire. Totem et Tabou (c’est un mythe) : au départ les hommes sont réunis dans des hordes et le chef était tout puissant, il avait accès à tout les plaisirs, il imposait sa dictature à tous les autres mâles de la tribu. Un jour ceux qui n’avaient pas le pouvoir se sont révoltés, ils ont tués et mangé le père pour s’attribuer sa force. Problème tous les mâles ont la même force et peuvent tous jouir des prérogatives du père. Problème : les autres peuvent faire comme ce que l’on a fait au père, nous tuer et le plaisir sera de courte durée. La seule façon de s’en tirer : renoncer à tout les plaisirs qu’avaient le père, y comprit sa femme. Le père phallique mort est encore plus puissant que le père vivant. Le phallus symbolique c’est quelque chose qui représente la capacité complète de jouissance et de plaisir que personne ne peut posséder. Le symbole le plus fort serait la couronne du roi ou son sceptre. Lorsqu’on l’on a ce symbole on détient la puissance sur le royaume. Ce n’est pas la personne du roi qui compte mais le symbole. Le pouvoir du roi est immortel là où son incarnation physique est mortelle. Le phallus imaginaire c’est ce qui nous donne l’apparence d’avoir un pouvoir : la grosse voiture, la belle robe, le nouveau portable … etc. C’est tous ce qui nous donne l’illusion imaginaire d’être l’objet du désir ou l’objet de satisfaction. Très souvent les sujets humains confondent le phallus imaginaire avec le phallus symbolique. Le phallus symbolique est des représentants ordonnés dans le social. Le phallus symbolique est très ordonné dans un système social donné à un moment donné. Pendant des années, le phallus symbolique était lié au père de famille : décision du mariage, de l’héritage etc. En occident le phallus symbolique serait l’argent, « le marché », la bourse. Le tout pouvoir de l’argent. Le phallus imaginaire, les petits objets qui pourraient me donner mon propre pouvoir, mon propre plaisir. Ce qui remplace le sujet est alors le Moi : le Moi en tant que structure imaginaire qui remplace le sujet. Je crois que tel objet va me satisfaire.

Mise à jour le Lundi, 30 Août 2010 13:14

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