Avec Freud, un discours nouveau est produit, sur la psychanalyse de la sexualité, le corps, les pulsions et la névrose :
En 1905, il publie « trois essais sur la théorie de la sexualité », pendant 20ans, il va apporter des modifications à ce texte. On peut donc en déduire l’importance que Freud y accorde. Ouvrage fondamentale, le livre du pulsionnel, écrit et construit en trois parties :
-
les aberrations sexuelles
-
la sexualité infantile
-
les transformations de la puberté
Cent ans après, on peut penser que ce texte a perdu le pouvoir de surprendre. Freud lui même dans la préface à la 2ème édition espérait que les nouveautés apportées allaient devenir des lieux communs. Il reste qu’à l’époque, c’est de tous les écrits freudiens, celui qui a provoqué le plus de résistance, il fit scandale. L’ouvrage s’en prenait à la prétendue innocence des enfants, qu’il traitait de leurs pulsions sexuelles et qu’il décrivait ces pulsions comme étant à l’origine de toutes les perversions adultes. Freud a qualifié l’enfant de « pervers polymorphes ».
Deux périodes : hystérie et fonction du fantasme :
- Les études sur l’hystérie en 1895, où est mis en avant dans cette névrose le vécu d’un évènement traumatique de nature sexuelle.
- Repérer la fonction du fantasme et précisément du fantasme sexuel dans la névrose.
La sexualité apparaît comme une partie de la réalité, que l’enfant rencontre prématurément et sur laquelle il bute.
Contexte dans lequel Freud écrit sur la sexualité : il s’affronte à la sexologie (science qui se construit dès la moitié du 19ème siècle en Occident). Elle est érigée par les médecins en objet de science. On essaie de construire une science du sexuel. Contrairement à d’autres pays où se développent plutôt les questions du côté d’un art érotique. Mais en Occident c’est la médecine qui s’empare du champ sexuel.
Pour les sexologues de l’époque, notamment, Krafft & Ebing, la sexualité se définit par sa finalité, la reproduction de l’espèce humaine. C'est l'abord biologique qui prévaut.
On met l’accent sur les normes (sexualité normée) et sur les interdits (renforcés par la religion Chrétienne, où les valeurs de plaisir et de jouissance n’ont guère de place, impératif : la procréation).
Ils dressent un catalogue des aberrations sexuelles, des perversions, les marquant du sceau de la pathologie, ou d’une non normalité. Freud fait exploser cette idée. Dans sa théorie il n’y a pas de frontière entre normal et pathologie. Il montre que la sexualité n’est pas un instinct au service de la reproduction, il s’agit de pulsion, qui n’a pas d’objet, ni de but naturels.
Pour Freud, la sexualité se constitue dans le rapport à l’autre, dans le champ du désir, elle est d’abord faite de pulsions partielles (l’autoérotisme, qui dans l’évolution du développement de l’enfant va se canaliser sur la génitalité) qui animent le corps de l’enfant, où tous les lieux du corps peuvent être des plaisirs sexuels. L’enfant va, dans sa construction, à travers ses pulsions qui l’animent, expérimenter toutes les perversions, avant, sous l’effet du complexe d’Œdipe, de se canaliser du côté des zones génitales. Il n’y a qu’à l’adolescence que cela commencera.
Les pulsions partielles ne disparaissent pas. Il y a toujours un reste par rapport à cette sexualité infantile :
-
Sur le versant de la perversion : tout être humain a des traits pervers (sado, maso).
-
Du côté de formation réactionnelle : dégoût, honte, frigidité.
-
Dans les symptômes névrotiques en général.
La théorie de Freud n’a rien à voir avec une conception génitale du sexuel. Il fait une extension massive du concept de sexualité, dès lors il se réfère à une libido, à du pulsionnel dans la vie de l’enfant.
Une des grandes ruptures qu’il produit : la sexualité infantile.
| Suivant > |
|---|










