Caractéristiques du langage :
- communication ;
- créativité, qui n'est quasiment soumise à aucune limite ;
- construit à partir d'unités élémentaires, en nombre limité, mais qui peuvent former une infinité de combinaisons ;
- comprend des signes qui renvoient à des représentations du monde.
Origines du langage :
- Homo sapiens : il y a ± 150'000 ans ;
- contexte culturel (sépultures, objets d'art, etc.) ;
- au niveau embryonnaire, l'aire de Broca et l'aire de Wernicke → Homo habilis (Odulvai – 2.5 millions d'années) ;
- langage parlé depuis au moins 200'000 ans (chromosome 7).
Les origines du langage sont relativement méconnues. L'existence d'objets d'arts et de sépultures remontant à 150'000 ans témoignent d'une pensée à propos de l'avenir.
Chez l'enfant, vers 4 ans, des capacités se développent pour permettre la maîtrise du langage. C'est vers cet âge que l'enfant est capable d'adopter la perspective de l'autre, de se mettre à la place de l'autre : c'est la Théorie de l'esprit, dont fait partie l'empathie. L'autisme implique que cette capacité à adopter un autre point de vue que le sien, à cet âge, est endommagée.
Le langage permet le développement des capacités véritablement humaines.
[Dans la situation d'un langage normalement acquis à l'âge adulte, si un accident vasculaire cérébral (AVC) altère le langage, il y a perte de la parole et/ou de la compréhension du langage, mais le quotient intellectuel (QI) verbal n'est pas altéré. Si le QI verbal est altéré, les troubles vont au delà des fonctions langagières. ]
Les aphasies – rappel historique :
a) Marc Dax, 1836 ;
b) Paul Broca, 1861 & 1865 ;
c) Karl Wernicke, 1874 ;
d) Ludwig Lichtheim, 1885 ;
e) Pierre Marie, début XXème siècle.
b) Paul Broca fait la démonstration, le 15 août 1861, de la relation cerveau => comportement, en s'appuyant sur ses observations de son patient Tan, ainsi que de son cerveau (le patient Tan décédait quelques jours plus tôt). Ce patient présentait une lésion dans la partie inférieure de la troisième circonvolution frontale à gauche (cette zone sera plus tard appelée « Aire de Broca », l'aire de la production du langage).
c) À 24 ans, Karl Wernicke, qui prépare une thèse de doctorat, découvre la partie du cerveau sous-tendant la compréhension du langage oral, qui est le lobe temporal postérieur gauche, et qui sera plus tard nommée « Aire de Wernicke ».
Wernicke est aussi un concepteur de modèles, de diagrammes qui représentent et étudient les troubles du langage.
d) L'oeuvre la plus marquante de Ludwig Lichtheim est l'ensemble de ses modèles. Mais les modèles expliquaient les troubles, et, inversement, les cas cliniques étaient représentatifs de ces modèles : cette tautologie, cette circularité est nécessairement vouée à l'échec, et ces diagrammes ont été par la suite décrédibilisés.
e) Pierre Marie s'oppose au courant localisationniste en neurologie. De plus, il refuse l'existence d'un lien entre langage et intelligence. Mais la théorie de la localisation en réseaux distribués a été acceptée au fur et à mesure, et la théorie anti-localisationniste à été réfutée, notamment grâce à la neuroimagerie fonctionnelle.
Diagramme de Wernicke-Lichtheim (p. 79, fig. 5). N.B. :
- Les stimuli externes arrivent au cortex auditif primaire.
- Les images auditives des mots sont équivalentes aux représentations des mots et des concepts, qui accèdent ensuite au centre de résolution de problèmes (projection B) et à la mémoire, et permettent de trouver la signification.
Des troubles périphériques :
- La dysarthrie, l'apraxie du langage, ne font pas partie du domaine de la neuropsychologie.
Des troubles du développement :
- comme les dysphasies, font partie du domaine de la neuropsychologie du développement. Une dysphasie est une non-acquisition du langage chez l'enfant (qu'il faut distinguer de l'aphasie, qui implique une perte).
Des troubles psychiatriques :
- dans le cas de la schizophrénie, par exemple, il peut y avoir une désorganisation du discours. Ce type de troubles est du domaine de la psychiatrie.
La prévalence de l'aphasie :
- dans 75% des cas, ce sont des AVC de l'artère cérébrale moyenne (ou sylvienne, dans l'hémisphère gauche), qui sont la cause de l'aphasie. Les facteurs de risque, à partir d'un certain âge (malgré quelques exceptions), pour les AVC sont le sexe (les hommes sont plus affectés que les femmes), l'obésité, le tabagisme, et des antécédents familiaux.
Classification des aphasies : l'approche anatomo-clinique :
Les aphasies sont classifiées depuis le XIXème siècle, mais cette classification n'est que relativement utile car, dans la pratique, certaines aphasies ne rentrent même pas dans cette classification classique, et elle doit donc être nuancée, avec l'expérience du neuropsychologue.
Manning L., La neuropsychologie clinique, une approche cognitive, Armand Colin, 2005.
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