- l’hippocampe ne serait pas nécessaire à la mémoire immédiate ou à l’encodage
- indispensable à la consolidation OU au rappel d’une information consolidée
- Rôle négligeable dans la mémoire à court terme, et à long terme (sauf spatiale)
- Rôle essentiel dans la mémoire récente
L’hippocampe et les cellules de lieu :
-
les cellules de lieu appartiennent à un système complexe de traitement et de codage de l’information spatiale
- ce système est très rapide et très souple en matière d’initialisation et de réinitialisation du traitement de l’information
- mais pour une organisation constante des configurations spatiales, il conserve ses propriétés fonctionnelles à long terme, et a donc une mémoire
Conclusion :
L’hippocampe pourrait donc bien intervenir indépendamment du délai écoulé entre l’acquisition et le rappel d’une information.
A) L’hippocampe: court terme vs long terme (approche lésionnelle)
Test de transmission sociale de la préférence alimentaire. On fait une lésion avant acquisition.
Rappel: un rat démonstrateur mange une nourriture, est mis dans la cage du rat testé, qui sent la nourriture. Celui-ci a subi une lésion hippocampique avant acquisition. Il est ensuite mis en contact de deux nourritures inconnues, dont celle présentée par le rat démonstrateur.
Résultats:
- l’hippocampe pas nécessaire à la mémoire immédiate ou à l’encodage.
- l’hippocampe indispensable à la consolidation ou au rappel d'une information consolidée (NB: compatible avec H.M.).
On entraine le rat à subir un choc électrique dans un contexte A. le contexte est le seul élément prédicateur du choc. ON fait l’encodage, l’acquisition et la consolidation (on associe 10 fois contexte et choc). On attend 50 jours. O met ensuite l’animal dans un contexte B, et on lui fait subir les mêmes chocs. L’animal va se méfier des deux contextes, A et B. Un jour après l’acquisition du contexte B, on détruit l’hippocampe d’une partie des rats; puis on teste le rappel du contexte dans les situations A et B (en alternant l’ordre de présentation).
La seule chose qui distingue A et B est l’âge du souvenir (A: 51 jours, B: 1 jour).
- Quand on teste la peur au contexte A: peur élevée pour les rats n’ayant pas de lésion, absence de peur pour les rats ayant une lésion?
- Quand on test la peur au contexte B, tous les rats ont une peur élevée, lésion ou pas.
=> Donc, après une lésion, selon, l’âge du souvenir, on peut quand même récupérer l’information. Il n’y a donc pas que l’hippocampe en jeu dans la mémoire.
Mais où va le souvenir plus ancien ? Quelle structure prend le relais ?
J’injecte de la lidocaine à la fin de l’acquisition, et j’obtiens une baisse du freezing => l’inactivation de l’hippocampe bloque la possibilité, à long terme, de rappeler l’information.
On cherche à savoir où est l’information du souvenir ancien
Pour cela, on utilise un labyrinthe à 8 branches, avec toujours les trios même branches appâtées? au bout de 8 jours, l’emplacement de ces branches est acquise, et on teste soit 5, soit 25 jours plus tard. Dans le cadre de cette expérience, les rats sont équipés de système d’injection de
DG juste avant le rappel. On voit donc quelles structures sont activées. A 5 jours, le rat engage fortement la partie dorsale de l’hippocampe, à 25 jours il engage fortement le cortex préfrontal.
l’hippocampe n’est pas nécessaire au rappel d’une information consolidée.
Cependant, l’approche métabolique n’est pas très précise, on utilise les gènes précoces pour travailler plus précisément au niveau temporel.
Hippocampe: CT vs LT, inactivation lésionnelle: Test du labyrinthe à 5 branches
Exploration libre du labyrinthe:
- Acquisition pendant 10 jours (5 essais/jour; 1 essai = un choix forcé, délai de 20 min, choix libre)
- Essai unique de rétention à 1 ou 30 jours, puis sacrifice et marquages immunocytochimique de: zif268, c-Fos (marqueurs fonctionnels: gènes précoces impliqués dans la plasticité), GAP-43 (marqueur de nouvelles synapses)
Résultats: la performance est nettement moins bonne lorsque l’hippocampe est inactivé
Autre test: conditionnement de peur
On entraine le rat à avoir peur dans un contexte particulier => on lui fait subir un courant électrique quand on le met dans une cage. Il aura alors un comportement de freezing dès qu’on le mettra dans la cage. On lui fait un test de rappel soit 1jour, soit 30 jours après l’apprentissage. Durant le rappel, on lui injecte de la lidocaine dans l’hippocampe. A un jour, on voit que l’animal n’a plus de freezing, ou en tout cas beaucoup moins (ne se rappelle plus), alors que l’animal a autant de freezing 30 jours après avec lidocaine que sans => ce n’est plus l’hippocampe qui est responsable du rappel de l’information.
L’hippocampe: court terme vs long terme (approche métabolique)
Injection i.v. du traceur(2-DG) è Test comportemental è Euthanasie è Autoradiographie è Développement + mesures
- Hippocampe pas / peu impliqué dans le rappel d'une information consolidée
- Hippocampe très impliqué dans l'acquisition d'une information nouvelle
Le rappel d'une information consolidée impliquerait-il d’autres structures, en particulier corticales (on y reviendra plus tard) ?
L’hippocampe: CT vs LT (approche fonctionnelle)
Principe:
Sollicitation d’une région (pendant ou après 1 test) è Activation è Gènes précoces et facteurs transcriptionnels
Exploration libre du labyrinthe
- Acquisition pendant 10 jours (5 essais/jour; 1 essai = un choix forcé, délai de 20 min, choix libre)
- Essai unique de rétention à 1 ou 30 jours, puis sacrifice et marquages immunocytochimiques de: zif268, c-Fos (marqueurs fonctionnels: gènes précoces impliqués dans la plasticité), GAP-43 (marqueur de nouvelles synapses)
Résultat: engagement de l’hippocampe au bout de un jour, mais pas au bout de 30.
On peut faire le même test avec la piscine de Morris, mais cela pose un problème: l’hippocampe est toujours utilisé dans cette expérience, car les cellules intervenant pour le codage de l’info spatiale s’y trouvent.
Mémoire à long terme et hippocampe : et chez l’homme?
- Étude en résonance magnétique (vérifier l’étendue des dommages du lobe temporal) 8 patients en tout avec atteinte du lobe temporal (origine: encéphalites et autres)
Performances en mémoire autobiographique (échelle de 0 à 3) et sémantique
- Protocole: on donne un mot, racontez-moi un souvenir qui vous vient à l’esprit et dont vous avez été acteur (24 mots en tout: oiseau, rivière, clou…)
- Échelle: 3 pts (où et quand), 2 pts (où ou quand), 1 pt (souvenir vague), 0 pt (rien) (en plus du contenu = quoi : w, w , w)
Deux études : 2 séries de patients, mêmes tests, mais interviewers différents (plus de rigueur
Conclusion: la mémoire à long terme est indépendante de l’hippocampe
MLT vs MCT et hippocampe: et chez l’homme?
Comparaisons entre les différences d’activation cérébrale au cours d’une tâche de rappel d’un souvenir récent vs. ancien de type autobiographique et d’un souvenir sémantique (complicité d’un proche pour autobiographique. = établir le test).
Trois sortes de rappel de souvenirs:
- autobiographique ancien => à un anniversaire, qu’est-il arrivé à la chemise?
- autobiographique récent => Noël dernier, qu’a fait Jacques avec la dinde?
- sémantique ancien => de quelle couleur est la robe de Garfield?
Vividness: vivacité du souvenir
On enregistre l’activité cérébrale pendant que le sujet rappelle ses souvenirs. Quand les souvenirs sont autobiographique, l’hippocampe est fortement engagé, que le souvenir soit récent ou non. Quand le souvenir est sémantique, l’hippocampe n’est pas beaucoup engagée. (rappel: il y a besoin de l’hippocampe pour consolider mais plus besoin par après).
Étude en IRMf
– J1 : les sujets doivent mémoriser 320 photographies, puis ensuite font une pause déjeuner et un repos (sieste). Ensuite, une nouvelle séance de mémorisation de 80 nouvelles photographies. Enfin, on fait un test de reconnaissance (présentation de 80 photos vues et 80 nouvelles photos) : scoring = vue, pas sûr, pas vue.
IRMf pendant la reconnaissance testée 1, 30 et 90 jours après la première séance:
- 1 jour: hippocampe très engagé
- 30 ou 90 jours: substantiellement moins engagé.
L’hippocampe n’est activé que pour les photos que le sujet a déjà vues et qu’il reconnait comme les ayant déjà vues.
Rôle de l’hippocampe, en résumé:
A partir du moment que c'est un souvenir autobiographique, il y a un engagement fort de l'hippocampe (que ce souvenir soit récent ou ancien) alors que ce n'est pas du tout le cas (ou presque pas) pour le souvenir sémantique.
INACTIVATIONS ET ETUDES FONCTIONNELLES :
- Rôle négligeable dans la mémoire à très court terme
- Rôle essentiel dans la mémoire récente (recent)
- Rôle négligeable dans la mémoire à long terme (remote)
(sauf spatiale, ce n’est donc pas si simple !! )
ETUDES LESIONNELLES :
- Rôle négligeable dans la mémoire à très court terme
- Rôle essentiel dans la mémoire récente (recent)
- Rôle dans la mémoire à long terme (remote)
(problème Spatial vs. Non spatial → il faut savoir que dans l'hippocampe, il y a des cellules spécialisées uniquement pour la mémoire spatiale! Il joue donc un rôle primordiale pour celle-ci.)
On fait les mêmes observations chez l'animal et chez l'homme.
L’hippocampe : disparité entre études
1.Approche lésionnelle
On fait la lésion avant l’acquisition, puis on test: amnésie antérograde.
On fait la lésion juste après l’acquisition: amnésie antérograde et rétrograde.
=> apparemment, on ne différencie pas spatial et non spatial ici.
On ait une lésion de l’hippocampe longtemps après l’acquisition, pour
- la mémoire non spatiale: pas d’amnésie rétrograde
- la mémoire spatiale: amnésie rétrograde
2.Inactivation fonctionnelle
On bloque l’hippocampe
- à court terme, après une acquisition: amnésie rétrograde (souvenirs récent) pour spatial et non spatial
- à long terme: longtemps après une acquisition: pas d’amnésie pour la mémoire non spatiale, amnésie rétrograde pour la mémoire spatiale.
La mémoire spatiale est un cas particulier en ce qui concerne l’hippocampe. Il existe même des cellules spécialisées dans l’information spatiale dans l’hippocampe.
| < Précédent | Suivant > |
|---|









