A) Généralités sur la mémoire émotionnelle et l'amygdale
- En deux décennies, cette structure sort du quasi anonymat pour devenir l’une des régions les plus étudiées en matière d’implication fonctionnelle, en particulier dans la mémoire émotionnelle (Homme, animal).
- On suspecte son implication dans les émotions depuis le milieu des années 50 (Weiskrantz, 1956).
- Travaux pionniers de Kluver et Bucy (1937) : plus de peur chez les singes après ablation de l’amygdale (serpent).
- Les systèmes impliqués dans la régulation des émotions sont le plus souvent considérés comme implicites (n’impliquant pas forcément un traitement conscient de l’information).
- En fait, l’amygdale joue un rôle fondamental dans la mémoire émotionnelle, qui confère une coloration émotionnelle aux souvenirs impliquant l’hippocampe (mémoire explicite) et aux habitudes ou habiletés impliquant le striatum (mémoire implicite ou procédurale). Son rôle est donc essentiellement modulateur, quoique central.
B) Amygdale : approche neuropsychologique chez l’homme
Protocole expérimental
On a des sujets épileptiques avec grande ou petite lésion, et des sujets sains.
Tâche : 6 émotions faciales (peur, dégoût, surprise, joie, tristesse, colère)
- identité : associer deux identités de visage (6 essais)
- émotion : associer deux émotions (maximum d’essais)
Test de rétention
On montre un visage. Consigne: parmi 6 photos, il faut trouver le visage complémentaire (identité) ou une émotion complémentaire (émotion)
Résultats: les individus ayant des lésions étendues mémorisent moins bien les émotions. Donc, l’amygdale joue un rôle dans l’apprentissage des émotions exprimées par un visage
Protocole expérimental :
- femmes droitières de 25 ans en moyenne (18-43)
- stimuli sélectionnés dans une banque d’images (International Affective Picture System)
- présentation par blocs de 5 d’images à valence positive (scènes érotiques, sports extrêmes), valence négative (scènes de violence, tortures) ou valence neutre (paire de chaussures).
- on enregistre l’activation cérébrale pendant les 6 s que dure chaque présentation.
- On leur demande d’auto-évaluer la valence des images et leur niveau d’intérêt (éveil)
Au test de rappel, la performance sera d’autant meilleure que l’engagement de ‘l’amygdale aura été fort durant l’encodage (ainsi que dans rappel.. je crois)
Conclusion: L’amygdale intervient dans le traitement de la valence affective des stimuli.
L’amygdale intervient-elle dans les activités émotionnelles chez le rat?
Situation la plus courante : conditionnement de peur (valence négative) ou (valence positive : drogues psychostimulantes). Valence négative d’un événement : un stimulus neutre (SN) est associé à un stimulus aversif (SI) association SC-SI, puis à divers délais on présente le SC et on mesure les réactions de l’animal (freezing).
On détruit l’amygdale puis on évalue la peur conditionnée. Test par freezing, avec:
- peur au son (choc associé au son)
- peur au contexte (chocs associés au contexte)
Résultat:
la peur liée au contexte est perturbée par une lésion de l’amygdale, mais aussi par une lésion de l’hippocampe.
En conclusion:
- les rats sont capables d’associer un stimulus explicite (son) ou un contexte à la survenue d’une expérience déplaisante (choc électrique).
- ils sont capables de mémoriser cette association à très long terme
- ils se servent de cette mémoire pour prédire la survenue d’une expérience déplaisante
- cette mémoire implique l’amygdale (d’une manière ou d’une autre)
C) Résumé général
- Chez l’Homme l’amygdale est active au moment de l’encodage et du rappel d’une information à valence émotionnelle positive ou négative.
- Chez l’animal, la valence émotionnelle positive est plus difficile à modéliser, mais l’usage de situations à valence émotionnelle négative a permis de faire de très gros progrès à propos des implications fonctionnelles de l’amygdale.
- Chez l’animal, l’essentiel des travaux repose sur une situation d’ apprentissage associatif consistant à conférer à un stimulus neutre (un SC: son ou contexte) une valence négative (apte à générer une peur).
- Les données obtenues à l’aide de techniques lésionnelles, d’imagerie fonctionnelle ou encore d’inactivation fonctionnelle chez l’animal ont permis de générer des résultats concordants: l’amygdale est une structure essentielle d’un système traitant les caractéristiques émotionnelles d’un événement.
- Une partie non négligeable de ces données concorde avec les données dégagées chez l’Homme à l’aide d’approches neuropsychologiques classiques (effets de lésions de la partie antérieure du lobe temporal) ou plus récentes (imagerie cérébrale fonctionnelle : IRMf)
- L’amygdale joue un rôle déterminant dans la mémoire des émotions (et des événements à composante émotionnelle).
- Elle intervient aussi bien lors de l’encodage d’un souvenir à valence émotionnelle (positive ou négative), qu’au moment de son rappel.
- Le blocage fonctionnel ou la lésion de l’amygdale a un impact sur l’acquisition d’un souvenir et sur son rappel ultérieur
- Mais l’émotion n’est qu’une des composantes cognitives d’un événement à mémoriser.
- Rien ne dit que l’événement dans son ensemble soit traité et stocké au niveau de l’amygdale du simple fait qu’il n’est pas neutre.
- Interactions entre effet et souvenir des émotions et mémorisation d’un événement ? Or, ce genre de mémorisation implique d’autres structures.
- Lesquelles ? Peut-on le démontrer ?
Les rats sont capables d’associer un stimulus explicit (son) ou un contexte à la survenue d’une expérience déplaisante (choc électrique).
Ils sont capables de mémoriser cette association à très long terme.
Ils se servent de cette mémoire pour prédire la survenue d’une expérience déplaisante.
Cette mémoire implique l’amygdale (d’une manière ou d’une autre) :
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rôle déterminant dans la mémoire des émotions
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intervient aussi bien lors de l’encodage d’un souvenir à valence émotionnelle qu’au moment de son rappel
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