Raisonner consiste à faire des inférences. Les raisonnements formels sont des activités de raisonnement pouvant être classées sous deux critères :
- la finalité : le raisonnement se déroule soit par compréhension, soit par action.
- la direction : ces inférences produisent des conclusions plus générales que les informations initiales, ou plus spécifiques par rapport aux informations de départ (généralisation ou particularisation).
Le raisonnement est donc une création de quelque chose de nouveau par des processus intériorisés à partir des informations. On passe d'une prémisse à une conclusion en faisant une inférence. L'activité inférentielle intervient dès qu'il y a un traitement de l'information.
Le raisonnement est donc une méthode de passage des prémisses vers la compréhension.
Le schéma formel : si A, alors B. Ce schéma exprime des invariants et des relations indépendamment d'un thème, d'un contexte ou d'un contenu.
L'actualisation de ce schéma dans un contexte quotidien consiste donc à remplacer A et B par quelque chose de concret. Pour faire ce type d'inférence il n'y a pas besoin d'avoir des informations formelles. Il suffit d'exprimer une composante heuristique qui renvoie à la compréhension et à l'exploration du monde.
Il existe deux principaux schémas formels : l'induction et la déduction.
IV.1.1. L'induction :
L'induction est un raisonnement qui va du particulier vers le général.
=> C'est une démarche inférentielle dont le but est, à partir de prémisses de portées particulières posées comme vraies, d’obtenir une conclusion plus générale, mais dont on ne peut pas être sûre qu’elle soit vraie.
Etude de l’induction (en psychologie cognitive) = rechercher les processus par lesquels l’individu élabore une généralisation, ainsi que les processus par lesquels, lorsqu’il est confronté à une généralisation, il va s’assurer de sa validité.
L'induction permet de comprendre comment l'être humain produit une généralisation et comment il va s'assurer de sa validité.
Par exemple, on présente à des enfants différents objets que l'on va mettre dans un bassin remplit d'eau, comme un cube en bois et une planche en bois. On demande aux enfants quels sont les objets qui flottent : ils vont faire une inférence, et répondre que ce sont tous les objets en bois qui flottent.
Cet exemple illustre le raisonnement d'une partie vers le tout caractérisant ainsi l'esprit scientifique dont la démarche consiste à poser des hypothèses à partir d'instances particulières. L'esprit scientifique est d'abord un esprit inductif qui va ensuite devenir un esprit déductif (du général vers le particulier) : c'est un raisonnement hypothético-déductif.
Le raisonnement inductif favorise un grand élargissement des connaissances : dans notre exemple,les enfants ont pu acquérir une connaissance sur tous les objets en bois.
Johnson-Laird : l'inférence inductive accroît énormément le réseau sémantique : si la conclusion établie à partir de plusieurs prémisses particulières est vraie, alors la connaissance sémantique s'accroît jusqu'à cooccurrence de tout ce qui n'est pas touché par le domaine ; l'enfant réduit son incertitude par rapport à tous les objets en bois et pense alors qu'aucun objet en bois ne flotte pas.
Mais l'induction est risquée : par exemple, la conclusion « tous les objets en bois flottent » est partiellement fausse car certains bois (comme l'ébène) ne flottent pas. Ce problème ne se pose pas dans le raisonnement déductif pour lequel toutes les prémisses doivent être vraies pour pouvoir aboutir à une conclusion vraie. Le raisonnement inductif est une logique probabiliste.
Problème de la validité d’une conclusion et de la force d’un argument inductif. « tous les objets en bois flottent » possède une grande force argumentaire, car cette conclusion s'applique à un très grand nombre de types de bois.
Donc l’induction permet de produire de nombreuses connaissances, mais incertaines.
Raisonnement inductif doit être sévèrement contrôlé pour produire des conclusion plausibles. En effet, parmi les conclusions possibles il s’agit d’être très sélectif pour engendrer une conclusion plausible.
-> inférer des connaissances du monde qui permettent de contraindre ces inférences possibles.
Les règles de classifications : toutes les expériences portant sur l’identification d’une règle de classification visent à comprendre quels sont les facteurs intervienant du point de vue cognitif. (Mister Mind). On présente au sujet des exemples ou des contres exemples de certaines classes d’objets, il doit découvrir parmi l’ensemble des attributs quel est celui qui a été choisis par l’expérimentateur comme règle de classification.
Bruner, Goodnow & Austin : Ces auteurs s’intéressent aux stratégies de recherches d’informations dont le but est de comprendre les processus cognitifs mis en œuvre par les sujets lorsqu’ils sont engagés dans un raisonnement inductif.
Levine 10 ans plus tard a perfectionné ces études en mettant au point un paradigme expérimentale.
Premier essai avec information : dire au sujet quel élément appartient à la classe, suivi de trois essais sans informations : le sujet doit dire à chaque essai « je pense que c’est celui là ».
->Cette expérience aide à comprendre l’hypothèse du sujet par rapport à la règle de classification. Essai avec info X ou T.
Le raisonnement par analogie :
Le raisonnement par analogie est plus structuré mais aussi plus contraignant.
Modèle d’Aristote : l’analogie proportionnelle. A est à B ce que C est à D.
"La statue est au sculpteur ce que livre est à écrivain."
"Le spectacle est à l’artiste ce que l’examen est à l’étudiant."
"Dante est à l’Italie, ce que Shaekspeare est à l’angleterre."
Spearman a proposé que dans ce type de raisonnement par analogie, nous faisions mentalement deux opérations élémentaires : d’abord l’établissement d’une relation entre A et B, puis la mise en œuvre d’une relation qu’on applique à C pour définir D.
Le printemps (A) est à la Jeunesse(B), ce que Ete(C) est à l’Age mur(D).
Relation 1 : A-B (printemps-jeunesse) -> début de la vie
Relation 2 : A-C (printemps-été) -> saisons
Application de relation 1 à relation 2 -> relation 3
Relation 3 : stade de la vie -> saison été -> milieu de la vie de l’age mur.
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