Définition de psychologie du travail
La psychologie du travail n’est ni cognitive, ni sociale, ni clinique. Elle s’intéresse à l’homme au travail sous différents aspects. Ce n’est pas une branche de la psychologie, mais une de ses applications. A Strasbourg, elle est historiquement rattachée à la psychologie sociale. Mais rien ne la contraint à y être attachée.
L’homme au travail, fait référence à un lieu. Le lieu du travail, de l’entreprise –privée ou publique, mais aussi l’école, l’hôpital…
Le psychologue du travail s’intéresse aux conséquences du travail dans la vie personnelle de l’individu. Il existe aussi un courant plus récent qui s’intéresse au stress et au harcèlement au travail. Il y a évidemment un intérêt pour ce qui se passe en dehors du travail. L’individu ne se débarrasse pas de ses affects une fois arrivé sur son lieu de travail !Il est d’ailleurs très difficile de différencier la souffrance provenant du travail lui-même, ou du dehors.
L’individu est systémique. En tant que système, on ne peut toucher à l’une de ses parties sans tout modifier. On ne peut donc pas s’occuper de l’individu qu’au moment du travail.
La psychologie du travail s’intéresse également aux gens au chômage ; qui conduit ses personnes à beaucoup de rejet.
Elle tend à s’intéresser aux personnes à la retraite, pour tirer des conclusions sur l’état mental de ces personnes après des années de travail, et donc des conséquences du travail sur les personnes âgées. Ex : Le travail de nuit et ses effets.
En France, 39% des séniors (entre 55 et 65 ans) travaillent. Le traité de Lisbonne devrait faire en sorte qu’il y en ait 50%. Or, il est question de porter l’âge de la retraite à 70 ans. Les syndicats demandent qu’il soit fait une différence pour l’âge de la retraite entre les personnes âgées qui ont un travail pénible ou pas. Cette demande est justifiée, car la pénibilité du travail a une conséquence sur l’espérance de vie.
Mais comment mesurer la pénibilité d’un travail ?
Il y a un certain nombre de désaccords sur l’unité de mesure du stress. (Travail pénible physiquement, travail stressant…)
Que faire pour obtenir 50 %, comme voulu dans le traité de Lisbonne ?
Comment mesurer le stress subit par un individu au cours de ses 40 dernières années ?
Aujourd’hui le départ à la retraite se fait à 57,8 ans, grâce aux dispositifs spécifiques pour partir plus tôt. (Age l’égal est de 60 ans) C’est le problème de la France sur le travail des séniors. En Suède, 76% des séniors travaillent.
Depuis 40 ans, en France, il y a des dispositifs pour licencier les séniors sans qu’ils n’aient à trouver un autre travail. Mais ce n’est plus possible depuis le Traité de Lisbonne. Ils doivent donc trouver un autre travail. Or, on n’a pas amélioré leurs conditions de travail !
Et elles augmentent les pathologies !
Les pathologies physiques augmentent, mais aussi celles liées au stress. Avec l’âge, les arrêts de travail pour maladie augmentent. Plus on avance en âge, et plus le coût des pathologies du travail augmentent. Donc, plus on est malade pendant qu’on est en activité, plus ça coûte cher aux entreprises. Donc, pour les entreprises, mieux vaut être malade en dehors du travail, à la retraite.
La crainte des employeurs est donc de voir leurs employés vieillir. Plus tôt les séniors s’en vont, moins ils auront à payer.
Le psychologue du travail peut exercer dans des lieux très divers. A la sécurité sociale, dans des institutions. Parfois, il peut recevoir des individus seuls, mais c’est rare. La psychologie du travail n’est pas une psychologie du sujet, ni une psychologie clinique et individuelle. Elle n’a pas de but thérapeutique.
Le psychologue du travail est là pour comprendre les phénomènes psychiques au travail, et trouver une solution dans l’entreprise. Il n’agit pas à l’échelle individuelle et ne soigne pas. Mais il peut réorienter vers un psychologue clinicien, ou un psychothérapeute.
Il existe de nombreux présupposés sur le psychologue du travail :
1er soupçon :
Qu’il soit le relai, le complice du patron. Les salariés travaillent pour le bien de l’entreprise. Il en est de même pour le psychologue du travail. Pour ses détracteurs, il faudrait qu’il s’abstienne de mettre la psychologie du travail au service des patrons et des employés. Les psychologues du travail devraient rester à la porte de l’entreprise.
Mais qu’est-ce que l’éthique du psychologue du travail ?
Ne pas s’impliquer, ou s’investir pour empêcher les souffrances ?
Le psychologue du travail fait le compromis entre le patron et les employés. Il vaut mieux que ce soit lui qui les fasse, car il est soumis au code de déontologie, qui l’empêche de discriminer les employés.
Exemple : Méthodes de testing. Si un recruteur est psychologue de formation, il n’y aura pas de discrimination. Il est le vecteur de la morale dans le recrutement.
Question de la discrimination positive. Elle existe pour les catégories ethniques dans d’autres pays comme aux Etats-Unis. Mais pas en France.
En revanche, elle existe pour les personnes handicapées. Les entreprises de plus de 20 salariés sont tenues d’avoir 6% de personnes handicapées. Sauf l’Etat… !
Sinon elles sont tenues de verser une somme équivalente à un SMIC.
Mais pourquoi cela n’est respecté que par la moitié des entreprises ?
Par « personne handicapée », les gens entendent « personne en fauteuil roulant ». Or, seulement 5% des handicapés sont en fauteuil roulant !
Pour la plupart, les performances sont égales à celles des valides.
Plus récemment, les classes préparatoires aux grandes écoles sont également tenues de faire de la discrimination positive, à l’égard des étudiants boursiers. Néanmoins, il y aura toujours une différence avec les autres élèves, notamment au niveau des stages. La plupart des stages des étudiants sont obtenus par les parents et par leur réseau relationnel. Ce ne sera pas le cas des étudiants boursiers.
Il est à noter que ce système existe dans d’autres pays depuis de nombreuses années. En Scandinavie, par exemple, où ça fait 30 ans que les écoles supérieures réservent des places aux enfants d’immigrés…
Il y aura bientôt des mesures de discrimination positive pour les séniors en entreprise.
2ème présupposé concernant les psychologues du travail :
Il aurait un rôle de soulagement, il traiterait la souffrance au travail. C’est faux !
Ce n’est pas un clinicien qui va dans les entreprises. Il n’y a pas de consultations cliniques payées dans les entreprises. On n’interroge pas la structure psychique des individus. On reste à l’aspect purement professionnel. (Or, ça reste pratiqué, dans les tests de recrutement)
Exemple de la graphologie. Il s’agit de faire le lien entre la manière d’écrire (forme des lettres, orientation de l’écriture, etc…) et la personnalité de la personne.
C’est une pratique encore très utilisée, et pas seulement dans les entreprises. (Egalement dans les grandes écoles) Plus de la moitié des recrutements de cadre passent par un graphologue.
Quand Bayrou était ministre de l’éducation nationale, il y a eu scandale parce qu’il a recruté les recteurs de l’académie nationale par le biais d’une boite qui utilisait la graphologie.
Pourtant, de nos jours c’est une pratique valorisée.
Autre question importante : Est-il souhaitable que toutes les administrations soient organisées sur le modèle de l’entreprise ? Notamment les écoles ou les hôpitaux ?
Ex des ASH : On ne nettoie pas une chambre d’hôpital avec un patient dedans comme une chambre d’hôtel…
La notion d’évaluation est une vraie question d’actualité. Et le modèle de l’entreprise est en train de toucher tous les plans de la société.
Démarche qualité : Modèle d’organisation qui vise à organiser tous les postes de travail. (Base de mode opératoire écrit) Mode ISO 9000. Appliqué aussi aux hôpitaux.
Un mode opératoire est un descriptif de votre activité qui a vocation à être exhaustif et qui permet de voir les erreurs, dysfonctionnements que l’on est amené à faire.
Or quand un système est hyper contrôlé, ça engendre du stress.
Le 3ème présupposé date des années 70 :
Au moment de l’essor des sciences humaines dans le monde du travail; Les psychologues et les sociologues ont occupé les postes dans les ressources humaines, auparavant occupées par des juristes ou des anciens militaires. Pour beaucoup de monde, les sciences humaines militent au travail. En effet, parmi les premiers psychologues du travail, certain voulaient lutter contre le patronat pour des raisons politiques. Mais ces psychologues là ont vite disparu du monde du travail.
Or, on croit toujours que les psychologues du travail sont des militants politiques qui vont organiser une révolution.
Ce n’est pas faux à 100%. Par exemple, Christophe Dejours a été à la base de la loi sur le harcèlement au travail.
Depuis 25 ans, on s’intéresse à l’évaluation au travail, aux performances individuelles. Avant, il y avait des logiques différentes, fondées sur l’ancienneté. Dans le temps, il était évident que plus on passait de temps dans la boîte, plus on était performant. Ce n’est plus du tout évident aujourd’hui.
Exemple: dessinateurs graphiques, informaticiens
Si on était plus performant avec l’âge, il n’y aurait plus de chômage des seniors. Or, plus de 60% des seniors ne travaillent pas, en France.
Turn-over : taux de rotation des personnes sur un même poste. (En anglais, le même terme signifie chiffre d’affaire)
Existence de « campus manager » pour gérer son image auprès des étudiants.
Exemple des industries pharmaceutiques.
Dans ces boîtes, rester plus de 8 ans au même poste est mal vu. De nos jours, la fidélité à son employeurs est une contrainte. On ne peut plus argumenter cette augmentation de salaire avec l’ancienneté. Maintenant, il est question d’une rémunération au mérite.
Mais comment mesurer le mérite?
Quel est l’instrument de mesure au travail?
Pour un vendeur ou un ouvrier, c’est faisable quantitativement. Pour d’autres professions, il y a évaluation de la satisfaction du client.
Il se pose la question de la pertinence de l’outil.
Ex: A l’hôpital, le personnel est évalué sur la nourriture, les conseils prodigués… Mais pas sur la qualité de la chirurgie.
Les formations à chaud représentent un gros budget pour les entreprises. (1,2% de la masse salariale). Les formations à chaud ont un questionnaire juste après. Celles à froid quelques mois plus tard.
Le psychologue du travail a une place réduite, car d’autres professionnels se sont appropriés le domaine, sans avoir pour objectif le bien-être des salariés. Les psychologues du travail n’ont pas forcément cet objectif non plus.
Exemple : La loi sur les 35 heures.
Le psychologue du travail peut donc intervenir pour des questions économiques.
La règle des 35h implique une diminution du temps de travail de 10% et en contrepartie une augmentation de l’embauche de 6%. Mais sans compensation financière pour embaucher les 4% manquants.
Risques psychosociaux : stress et harcèlement au travail. Ces risques sont en augmentation.
Notion de temps de travail effectif, celui rémunéré. C’est le temps de travail où on est à disposition du patron. Il exclu les pauses, le transport, le temps où on se change, etc.…
Sans ça on est déjà à moins de 35h, et ce dans beaucoup de professions.
Exemple : Chez les infirmières, 1 personne est rémunérée par temps de pause, et ce, par roulement. (Pour éviter que le personnel ne se dise « je ne suis pas payée pendant ma pause, donc si un patient m’appelle à ce moment là, je n’y vais pas »)
Les pathologies du travail explosent. On n’a pas constaté une augmentation des suicides lorsque les conditions de travail sont difficiles.
TMS : Troubles Musculo-Squelettiques : pathologies des articulations, des tendons dues à des gestes répétitifs et à des positions non naturelles. Existence d’un lien statistique entre les TMS et la sensation de stress, comme si le stress fragilisait les articulations.
Le syndrome du canal carpien constitue 64% des TMS. Cette pathologie est présente surtout sur les vendangeurs, et chez les professions qui ont à manier continuellement un tournevis, ou autre…
La sécurité sociale réclame 15000 euros (15k€] à l’entreprise par syndrome de canal carpien dans la boîte.
Le psychologue du travail est l’objet de nombreuses critiques. Il est reproché que le master est financé par les entreprises, et donc qu’il n’a pas à cœur l’intérêt des salariés.
Souvent, on oublie que le tout n’est pas la somme de chacune de ses parties.
Exemple: Pour avoir une bonne équipe de foot, il ne suffit pas d’avoir un bon joueur à chaque poste.
De même, dans l’entreprise, l’évaluation individuelle génère une tension, un stress qui peut, quand c’est trop régulier, conduire à des pathologies.
Problème de stress, de compétition.
Pour briller, il y a aussi utilisation de l’effet de contraste. L’évaluation individuelle ne fonctionne pas.
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Commentaires
Ce n’est pas faux à 100%. Par exemple, Christophe Dejours a été à la base de la loi sur le harcèlement au travail.
Entre une loi sur le harcèlement et la révolution il y a un monde! Entre cette loi certes précieuse et, par exemple les textes de Castoriadis sur l'organisation du travail on ne voit pas la commune mesure. Ce parallèle me fait doucement rire.
Le psychologue du travail fait le compromis entre le patron et les employés. Il vaut mieux que ce soit lui qui les fasse, car il est soumis au code de déontologie, qui l’empêche de discriminer les employés.
Cela présuppose que le compromis est souhaitable et éthique. Or cela veut dire qu'il y a des intérêts communs entre les classes sociales. Pas étonnant que ces psychologues soient pris pour des imbéciles. Même le marxisme de base est plus solide intellectuellem ent que la grotesque rhétorique de ces psychologues.
Ensuite, et par conséquent, dire que la déontologie du psychologue le met à l'abri des discriminations alors que cette déontologie est fondée sur des présupposés libéraux est une franche idiotie
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