Des attitudes à la formation des impressions
Il y a toujours eu, en psychologie sociale, un courant cognitiviste de chercheurs qui se sont interrogés sur la manière dont l'individu perçoit, cherche à comprendre et se connaît son milieu social, et particulièrement les personnes avec lesquelles il entre en interaction.
a) La première étape se structure autour du concept d'attitude introduit par Thomas et Znaniecki (1918), deux sociologues américains.
Ils participaient à un courant qu'on appellera plus tard l'interactionnisme symbolique.
L'essentiel de ce courant porte sur des processus internes, non observables, de sélection, d'interprétation et d'attribution de signification, processus dont la conduite est supposée n'être qu'une retombée.
Elle comporte deux principes:
1> La réalité qui affecte l'individu est une construction symbolique qui résulte de l'interaction entre l'individu et les situations auxquelles il est confronté.
La réalité sociale n'est que la réalité que la personne confère à son environnement.
2> La réalité subjective est de toute façon psychologiquement plus importante que la réalité objective.
Le concept d'attitude qui sera l'un des concepts fondamentaux de la psychologie sociale devrait permettre de comprendre comment un individu définit les situations sociales auxquelles il est confronté et élabore sa réalité sociale.
A travers cette approche, on trouve dès le début de la psychologie sociale le paradigme de traitement de l'information et qui n'est rien d'autre que la construction par les individus, de ce qu'ils tiennent pour leur réalité sociale. Étude en 1918 sur les immigrés polonais aux Etats-Unis,pour comprendre leur attitude (favorable ou défavorable) par rapport aux Etats-Unis. Attitude qui comporte plusieurs dimensions, (cognitive, par exemple!). Étude des lettres envoyées à la famille restée en Pologne, pour savoir ce qu'ils ont intégrés des Etats-Unis, et comprendre leur attitude.
→ Ces études se sont développées et ont permis de construire des échelles, en psycho sociale.
=> Le but: Étudier comment les attitudes prédisent les comportements. → Développement des instituts de sondages! (Premier en France: IFOP)
A travers cette approche, on trouve dès le début de la psycho sociale le paradigme de traitement de l'information et qui n'est rien d'autre que la construction, par les individus de ce qu'ils tiennent comme leur réalité sociale.
b) La deuxième étape: l’influence de la gestalt théorie et la formation des impressions
C’est à la théorie gestaltiste que la psychologie sociale cognitive doit son enracinement théorique et son dynamisme: exilés aux USA, Kurt Lewin, Solomon Asch et Fritz Heider ont littéralement enfanté la psychologie sociale moderne.
C’est d’eux que procède son extraordinaire développement théorique et expérimental depuis les années 50.
Lewin a été, parmi les premiers, à ouvloir recentrer la psychologie sur l’étude du sujet dont les réactions au monde extérieur sont médiatisées par l’interprétation qu’il lui donne.
Heider a inventé la notion d’équilibre cognitif à laquelle se rattachent les théories de la cohérence et, en particulier, la théorie de la dissonance cognitive.
Il est aussi à l’origine des travaux sur l’attribution causale: la manière dont le sujet explique les évènements dont il est l’acteur ou le témoin.
C’est à Asch que l’on doit l’une des études pionnières sur l’influence sociale, qu’il interprète en termes de conflits cognitifs entre les informations perceptives qu’a le sujet sur le monde et les informations qui proviennent du monde social.
Asch est le premier chercheur qui a étudié expérimentalement comment se forment les impressions.
Pour comprendre comment ce travail inaugura une nouvelle conception en matière de psychologie sociale, 4 éléments doivent être soulignés:
- 1/ L’objet de connaissance ne porte aucun enjeu social. Il s’agit d’une personne inconnue, «non évaluée». On appellera cette cognition «froide».
- 2/ Sont objet d’étude est la formation, la genèse d’une impression globale. L’activité même de connaître autrui.
- 3/ Cette activité de connaissance a peu de lest social, mais de solides antécédents cognitifs.
Pour se former une impression, les sujets mobilisent des savoirs qui sont disponibles dans leur mémoire et qui vont orienter le traitement des informations fournies.
- 4/ Le comportement à l’égard de la personne n’est plus l’objet sur lequel s’opèrent les prédictions de la théorie du chercheur. Celui-ci se donne pour but de prédire le jugement ou la connaissance des sujets concernant la personne-cible.
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